
Pigment chiffre les dépassements de budget liés à l’IA
Selon le CFO Index du troisième trimestre 2026, 83 % des entreprises interrogées ont dépensé davantage que prévu pour leurs usages de l’IA facturés à la consommation. La confiance dans leur valeur reste néanmoins élevée.
Les modèles de tarification fondés sur l’usage compliquent la maîtrise des dépenses consacrées à l’intelligence artificielle. Dans la dernière édition de son CFO Index, Pigment observe que 83 % des organisations interrogées ont dépassé leurs prévisions, tandis que 13 % seulement sont restées dans les limites du budget établi. L’étude a été menée auprès de 2 000 CFO et responsables financiers aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Allemagne. Elle montre que les dépassements ne relèvent plus d’écarts ponctuels. Le niveau le plus fréquemment observé se situe entre 11 et 25 %. Plus d’un tiers des répondants dépassent leur budget de plus de 25 %, et 17 % de plus de 50 %.
Une consommation difficile à anticiper
Pour 40 % des répondants, l’imprévisibilité de l’utilisation constitue le principal obstacle à la prévision des coûts. Une application peut solliciter différents modèles, traiter des volumes variables ou voir son usage progresser plus rapidement que prévu. Ces paramètres rendent une enveloppe annuelle difficile à maintenir sans suivi régulier.
Le dépassement moyen constaté est désormais supérieur à l’augmentation moyenne des budgets que les entreprises envisagent pour l’année suivante. Cette différence suggère que les directions financières ne pourront pas absorber durablement les écarts en augmentant simplement leurs investissements. Les entreprises les plus avancées dans leurs usages sont aussi les plus exposées. Parmi elles, 35 % déclarent avoir dépassé leur budget IA de plus de 50 %. Elles paraissent pourtant moins préoccupées par cette évolution puisque 31 % ne signalent aucun problème significatif de gestion des coûts, soit près du double de la moyenne.
La valeur perçue tempère les inquiétudes
Malgré ces dépassements, la confiance dans la capacité de l’IA à produire de la valeur atteint une note moyenne de 8,2 sur 10. La moitié des personnes interrogées lui attribuent une note de 9 ou 10. Cette perception varie toutefois selon les fonctions. Parmi les VP et CFO, 63 % accordent à l’IA une note de confiance de 9 ou 10, contre 41 % des managers. Ces derniers sont également trois fois plus susceptibles que les dirigeants financiers de lui attribuer une note inférieure ou égale à 6.
« Lorsque près de la moitié des dirigeants déclarent que les élections perturbent leurs prévisions et que les coûts liés à l’IA dépassent largement les attentes, un budget statique devient obsolète dès le premier jour », déclare Susan Phan, CFO chez Pigment. L’enjeu consiste désormais à rapprocher la mesure de la valeur et le suivi des coûts. À mesure que les usages se diffusent, les directions financières devront actualiser leurs hypothèses plus fréquemment et distinguer les dépenses qui soutiennent réellement la performance de celles dont la progression repose surtout sur une consommation difficilement contrôlée.


