
Les DSI français attendent davantage de l’IA et des systèmes d’entreprise, alors que la hausse des coûts et la pénurie de talents freinent l’innovation, selon une étude
Une nouvelle étude indépendante, commandée par le spécialiste du support informatique Rimini Street, révèle que les dirigeants français subissent une pression croissante pour accélérer l’innovation grâce à l’IA, tout en devant composer avec la hausse des coûts IT, la pénurie de talents et l’augmentation des menaces en cybersécurité.
L’enquête informatique mondiale 2025-2026 menée par Censuswide, auprès de plus de 4 300 entreprises tous secteurs confondus, montre que les dirigeants s’interrogent sur la capacité de l’IA à générer une réelle valeur. Dans le même temps, les responsables IT doivent trouver un équilibre délicat entre gains opérationnels à court terme et construction d’une stratégie technologique durable.
Plus précisément, un rapport dédié à la France et au Benelux (lien ici, et rapport ci-joint) révèle que 94 % des DSI, directeurs financiers, RSSI et PDG interrogés dans la région estiment que la pénurie de talents compromet leurs objectifs à long terme. Si l’automatisation et l’IA figurent en tête des priorités à cinq ans, la quasi-totalité des dirigeants déclarent que la hausse des coûts des abonnements ERP et la dépendance vis-à-vis des éditeurs freinent leurs avancées.
Les DSI français attendent de leurs investissements technologiques un retour sur investissement de 31 % dans un délai d’un à deux ans, puis de 37 % sur un horizon de trois à cinq ans. Pourtant, répondre à ces attentes reste complexe. Près de 40 % des priorités IT à court terme sont consacrées à la conformité réglementaire, à l’optimisation des coûts et à la migration vers le cloud, ce qui limite les capacités d’innovation. Par ailleurs, 23 % du temps IT est encore consacré à la maintenance des systèmes ERP existants.
Deux tiers (68 %) des dirigeants de la région anticipent des changements majeurs concernant les logiciels ERP. Si la vision mondiale de l’avenir de l’ERP varie, la plupart des grandes entreprises n’intègrent plus les ERP traditionnels dans leurs projections : 33 % estiment que l’ERP agentique, fondé sur une prise de décision pilotée par l’IA, représente l’avenir. Les coûts de maintenance élevés, la pression des éditeurs pour effectuer des mises à niveau et le manque de flexibilité figurent parmi les principaux freins au financement de l’innovation. En France et au Benelux, le manque de transparence des politiques tarifaires et la dépendance aux éditeurs constituent les préoccupations numéro un — davantage que dans d’autres régions du monde — aux côtés de l’insuffisance de support dédié à la région, à la langue ou au fuseau horaire.
Par ailleurs, 99 % des répondants déclarent externaliser déjà une partie de leurs opérations IT, notamment en matière de cybersécurité et de support applicatif. La gestion des risques devient également une priorité croissante. La quasi-totalité des dirigeants affirment que la réduction des risques est essentielle, l’incertitude économique, les évolutions réglementaires et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement figurant également en tête des préoccupations.
« Alors que les pressions économiques et opérationnelles s’intensifient, les dirigeants adoptent une approche beaucoup plus rigoureuse des investissements technologiques. Les résultats montrent clairement que les organisations recherchent des résultats mesurables, des cycles de retour sur investissement plus courts et une plus grande flexibilité dans l’allocation de leurs budgets », déclare Michael Perica, directeur financier de Rimini Street.
Le rapport met en évidence une évolution nette : les DSI et les conseils d’administration privilégient désormais le ROI (retour sur investissement), la résilience et la flexibilité aux grandes migrations ERP, libérant ainsi des budgets pour financer des initiatives liées à l’IA, à l’automatisation et à l’exploitation des données.
Toutefois, les résultats soulignent des marges de progression en matière de collaboration autour des projets IT. Cette enquête 2025 révèle un décalage dans l’évolution de la relation entre DSI et directeurs financiers au cours de l’année écoulée, notamment en ce qui concerne la collaboration entre les conseils d’administration, les équipes IT et les directions financières. Le rapport mondial Censuswide 2024 faisait état d’un consensus chez 86 % des répondants sur le renforcement de la relation CFO-CIO. Pourtant, seuls 23 % des directeurs financiers interrogés cette année déclarent collaborer principalement avec les DSI, tandis que seulement 11 % des DSI affirment travailler fréquemment avec les directeurs financiers.
Le rapport complet et le communiqué de presse de l’enquête mondiale sont disponibles ici.


